
Ainsi va le travail des scientifiques. Les premiers avancent que les vers de terre par leur travail d’accélération pourraient minéraliser plus de carbone que le stabiliser, (Lubbers et al ) présenté la semaine passée. Puis une seconde équipe démontre que NON leur effet est d’augmenter la stabilisation APRÈS avoir augmenté la minéralisation. Et on doit continuer à vivre avec plus de questions que de réponses.
En réaction aux travaux de Lubbers, Zhang, Hendrix et al ont rétorqué avec une recherche démontrant que les vers ne minéralisent pas plus de carbone que ne le fait le microbiote du sol en l’absence de vers. Leurs essais ont démontré une minéralisation supérieure par les vers dans un premier temps, mais compensé par une stabilisation supérieure dans un deuxième temps menant à une séquestration de carbone dans le sol. Ils introduisent le concept d’un quotient de séquestration (SQ). V. graphiques
Bien qu’il soit difficile de mettre des vers et des plantes dans des mésocosmes en laboratoire car les conditions favorables sont différentes pour les deux types d’organismes (Capowiez comm. personnelle), Ganault et ses collègues ont réussi à démontrer, après deux arrosages, qu’il n’y a pas d’augmentation de pertes de CO2 et de N2O en présence de vers de terre endogés et anéciques; la présence de l’espèce A. icterica a mené à une faible baisse du N2O, de même que celle de plantes.
On trouve ces travaux en ligne pour ceux qui veulent aller plus loin.
Chose certaine, avec les services qu’ils nous rendent dans les agroécosystèmes, il faut chercher à comprendre ces auxiliaires précieux.
Denis La France, enseignant et expert en agriculture biologique
CETAB+, Cégep de Victoriaville
Facebook : Vers de terre Québec
Zhang, W., P.F. Hendrix et al., 2013, Earthworms facilitate carbon sequestration
through unequal amplification of carbon stabilization compared with mineralization.
Nat. Commun. 4:2576
Ganault P, Nahmani J, Capowiez Y, Fromin N, Shihan A, Bertrand I, et al. (2024)
Earthworms and plants can decrease soil greenhouse gas emissions by modulating soil
moisture fluctuations and soil macroporosity in a mesocosm experiment. PLoS ONE 19(2): e0289859.