Dans le cadre de la collaboration entre Dr Jacynthe Masse d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et le CETAB+, pour son projet de bâtir une banque de données sur la génétique des vers de terre, une journée de formation sur la collecte et l’identification des vers de terre a été organisée le 8 octobre. Le matin, des étudiants, la chercheure, des professionnels de recherche de l’Université Laval et d’AAC, ont pu apprendre diverses façons d’observer et de collecter des vers de terre au jardin de Denis La France, où, depuis 4 ans, 15 espèces de vers ont été observées.

Denis avait déjà échantillonné des centaines de vers depuis un mois. (Ils sont plus faciles à trouver lorsqu’il pleut et, avec de la nourriture, ils vivent très bien au frigo car ils aiment le froid.) Photos 1 & 2 (Photos Jacynthe Masse) 

Après l’atelier au jardin le groupe s’est déplacé vers un laboratoire du Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité, à l’Institut national d’agriculture biologique du Cégep de Victoriaville. Dr John W. Reynolds, taxonomiste chevronné, a animé, pour cette relève, une formation sur l’identification des vers de terre.

L’utilisation d’une clé d’identification a été discutée. Le prostomium, le compte des segments, le placement du clitellum, des soies et de divers organes, ont été étudiés au moyen d’un binoculaire et d’un écran.

Onze espèces ont été trouvées ; Allolobophora chlorotica, Aporrectodea longa, Ap. tuberculata, Ap. rosea, Ap. turgida, Eisenai fetida, E. hortensis, Lumbricus castaneus, L. rubellus. L. terestris, Octolasion cyaneum. Quatre espèces ayant déjà été identifiées au jardin n’ont pas été trouvées : E. andrei, O. tyrtaeum, Dendrodrilus rubidus and A. trapezoides. Elles y étaient peu abondantes et peut-être ont-elles disparu. La sécheresse de cet été n’a pas été favorable aux vers. Bien qu’il ait été introduit au jardin au début de l’été, A. longa provenait de la ferme expérimentale de l’Acadie.

Dr Reynolds a poursuivi l’identification dans son laboratoire; il a ajouté, à partir de sa collection personnelle : O. tyrtaeum, Dendrobaena octaedra, Dendrodrilus rubidus, Eiseniella tetraedra. À part quelques espèces plus rarement observées, il ne manque que Ap. trapezoides pour constituer une base de données des 16 espèces les plus présentes au Québec (les 16 mêmes qu’au Royaume Uni.).

Responsable du séquençage de l’ADN, Daphné Albert d’AAC peut se mettre au travail. Ce projet augure d’un grand progrès dans nos connaissances sur les vers de terre au Québec. Il est bon de voir les choses bouger, car ces animaux importants dans les agroécosystèmes ont été très peu étudiés chez nous.

Avez-vous observé des vers de terre lors de la journée mondiale du 21 octobre?

Denis La France

Enseignant et expert en agriculture biologique

CETAB+, Cégep de Victoriaville

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