Le meilleur moyen d’améliorer un sol agricole est de cultiver pendant quelques années une prairie comprenant des espèces à enracinement profond comme de la fétuque élevée, de la luzerne, du trèfle rouge, de la chicorée fourragère et quelques autres espèces au choix. Si on cultive des légumes, on fauche le foin sur place.

Mais il est essentiel d’avoir en complément un assemblage équilibré des quelques espèces de vers de terre y compris un anécique comme Lumbricus terrestris ou Aporrectodea longa.

Les scientifiques des sols parlent des racines et des vers de terre comme des deux principaux ingénieurs des sols en climat tempéré. Les ingénieurs créent un habitat favorable à tous les êtres vivants des sols : racines, faune et micro-organismes.


L terrestris et A. longa descendent plus profondément que les autres espèces et font un travail différent. Ils consomment les matières organiques déposées en profondeur par les racines et, par leurs biopores, ils créent un sol plus profond, donc plus fertile et plus productif.

Un de mes clients a acheté 500 grands lombrics dans un magasin de Chasse et pêche pour 125$ à la fin de l’automne. Ils sont mieux dans le sol que dans un frigo. Parce que s’ils sont absents d’un agroécosystème ça vaut la peine de les inoculer.

Kätterer et Bolinder ont conclu que les racines produisent de la matière organique stable dans le sol 2,3 fois plus efficacement que les parties épigées des plantes.

Carter et Gregorich ont ajouté 2 tonnes/ha de carbone par année dans des terres à patates à l’Ile du Prince Édouard avec des racines de fétuque élevée.

Le sujet a été traité depuis 2 ans dans le groupe Facebook Vers de terre Québec.

Les articles peuvent être consultés sur le blogue lesversetlaTerre.bio.

Ces questions seront développées abondamment dans mon cours sur la Gestion des matières organiques qui commence le 22 janvier. V.cetab.bio

C’est le temps de mettre à jour vos systèmes de culture en profitant des nouvelles connaissances.

Illustrations fétuque-chicorée Kutschera-Lichtenegger. Photo La France.

Denis La France

Enseignant et expert en agriculture biologique

Carter, M.R., Gregorich, E.G., 2010. Carbon and nitrogen storage by deep-rooted tall fescue (Lolium arundinaceum) in the surface and subsurface soil of a fine sandy loam in eastern Canada. Agriculture, Ecosystems & Environment 136, 125-132.

Kätterer, T., Bolinder, M. A., Andrén, O., Kirchmann, H., Menichetti, L. (2011) Roots contribute more to refractory soil organic matter than aboveground crop residues, as revealed by a long-term field experiment. Agriculture Ecosystems and Environment. Volume: 141 Number: 1-2, pp 184–192

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