
Dr Joann Whalen de l’Université McGill est la chercheure qui, avec l’aide de collaborateurs et d’étudiants, a fait le plus d’études sur les vers de terre dans les agroécosystèmes au Québec au XXIe siècle.
Il faut savoir que ce domaine de connaissance important est un parent pauvre de la recherche chez nous. Difficile de comprendre pourquoi.
Dans une conférence présentée récemment à St-Rémi, Dr Whalen est revenue sur un sujet essentiel qu’elle a beaucoup étudié. La contribution des vers à la nutrition azotée des cultures.
Dr Martin Chantigny affirme que 58% en moyenne des besoins en azote des cultures ne proviennent pas des fertilisants (synthétiques ou organiques) de l’année en cours. Ils proviennent pour l’essentiel de la décomposition des matières organiques du sol et de sa litière. Dans son graphique ci-joint, prudente J. Whalen parle d’environ 50%. Les vers jouent un rôle majeur dans ce processus.

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Les vers excrètent de l’urine et du mucus riche en azote directement ou rapidement assimilable par les cultures. De même pour la nécromasse de vers morts. Voir graphique « Direct N flux ». Ils fragmentent la litière, aèrent et brassent le sol par leur bioturbation, et rejettent des déjections qui seront, par la suite, colonisées par les microorganismes du sol : l’action des vers accélère la fourniture d’azote aux cultures par les microbes (V. graphique : flux indirect).
Nos vers de terre sont extrêmement importants dans le fonctionnement de nos sols. Il faut les connaître et les mettre au travail.
Denis La France
Enseignant et expert en agriculture biologique et de proximité
CETAB+, Cégep de Victoriaville
Facebook Vers de terre Québec, www.lesversetlaterre.bio
Whalen J., Z. Abail, 2024, Earthworms and soil nutrients in agricultural ecosystems, Chapitre in Y. Kooch, Y. Kuzyakov (eds.), Earthworms and Ecological Processes,