C’est pour ça qu’il faut savoir si on a une biodiversité appropriée sur notre ferme ou dans notre jardin. Si certaines espèces sont absentes, le travail des vers devient incomplet et le fonctionnement du sol peut être affecté négativement.

Des chercheurs (Capowiez et al.) tentent de définir une classification fonctionnelle, mais en attendant on peut se replier sur les catégories écologiques définies par Bouché en 1972. Les épigés (ex. Esenia fetida), vivent dans la litière organique en surface avec très peu d’incursions dans le sol. Ils sont plus abondants en sol couverts, peu perturbés, et peu présents en sols exposés au soleil. Les anéciques (ex. Aporrectodea longa) sont essentiels car ils rentrent très profondément et ont des rôles multiples, dont faciliter la pénétration des racines et de l’eau et le drainage des sols.

Les endogés, (ex. A. turgida, A. tuberculata), habituellement les plus abondants en sol cultivé, sont concentrés dans les premiers 20 cm et sortent peu en surface; ils agissent, entre autres, sur le cycle des matières organiques et la nutrition végétale, notamment la fourniture d’azote aux cultures. Lavelle les subdivise en poly, méso-oligo-humiques comme sur la première image (Hsu et al. 2022). Il y a aussi des espèces intermédiaires comme Lumbricus terrestris, un épi-anécique, L. rubellus, un épi-endogé; Allobophora chorotica est possiblement un épi-endo-anécique. Et une question importante : les espèces d’origine européenne ont-elles gardé ou modifié leur comportement depuis leur arrivée chez nous où elles sont beaucoup moins étudiées?

Chose certaine comme les vers de terre sont essentiels au bon fonctionnement des agroécosystèmes, il faut vérifier l’assemblage d’espèces qu’on a chez nous. À cette fin on doit les échantillonner et les faire identifier, puis nous transmettre les résultats qui seront interprétés à l’hiver. Par la suite on peut prendre la voie de la bio-ingénierie et introduire de nouvelles espèces pour viser à créer une biodiversité équilibrée.

La méthode est présentée sur Facebook Vers de terre Québec le 13 septembre 2025. Les Français peuvent consulter la publication du 30 août.

Ma photo montre un échantillon de vers en préparation pour l’envoi au laboratoire. La seconde image par tomographie (un peu floue) montre la différence des galeries entre six espèces de vers. (Capowiez)

Denis La France, Enseignant et expert en agriculture biologique

CETAB+, Cégep de Victoriaville

Facebook Vers de terre Québec

Blogue www.lesversetlaterre.bio

 

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