Pour illustrer les comportements complémentaires des espèces, voici une étude réalisée dans des terraria de 9 cm d’épaisseur, 36,5 cm de largeur, 50 cm de profondeur (15 cm sol de surface et 35 cm de sous-sol. Les activités en contact avec la vitre étaient dessinées aux jours 3, 6, 9, 14 avec des feutres de couleurs différentes. Ces images ne sont pas issues de tomographie par rayon X.
Les vers étaient ajoutés en poids comparables, donc 2 Lumbricus terrestris et 3 Aporrectodea longa des anéciques plus lourds, pour 7 L. rubellus , 6 Octalasion tyrtaeum et 16 Aporrectodea caliginosa (un complexe d’espèces subdivisé au Canada en A. trapezoides, A. turgida et A. tuberculata).
De la litière de fumier de cheval était disponible en surface et même les endogés (A. caliginosa et O. tyrtaeum) s’y sont approvisionnés. Ces deux espèces ont travaillé jusqu’à 50 cm, assez profond pour des endogés. Lumbricus rubellus un épi-endogé a peu exploré le sous-sol. Typiquement L. terrestris construit rapidement ses galeries puis arrête le fouissage et se concentre sur l’alimentation. Toutes les espèces ont réduit l’activité de fouissage la seconde semaine.
On voit l’effet « labo » du projet dans le fait que les vers suivent fréquemment les couches de terreau ajoutées 5 cm à la fois et compactées à une densité relativement élevée de 1,5. Et les cadres sur les bords du terrarium.
Une autre illustration du comportement variable des vers de terre qui justifie l’identification des espèces présentes sur votre ferme. Envoyez vos échantillons à John Reynolds. Voir A la Une du groupe Facebook Vers de Terre Québec.
Denis la France, Expert en agriculture biologique, Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité
Source : Felton D. et C. Emmerling, 2009, Earthworm burrowing behaviour in 2D terraria- and multi-species assemblages, Biology and Fertility of Soils, 45 (789-797)
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