Nous avons publié les résultats de notre campagne d’échantillonnage effectuée à 92% dans la zone des Appalaches en majorité sur des fermes laitières (18,25 janvier, 1 février.) Stéphanie Lavergne a réalisé une étude sur 11 fermes en grande culture biologique depuis plus de 10 ans, dans la Plaine du St-Laurent en Montérégie, ayant une rotation intensive de maïs-soya-céréales (sans fourrages vivaces.) Elle a réalisé des échantillons en fin de printemps 2109 et 2021. Cette étude scientifique est rigoureuse comparée à notre petit projet de science citoyenne. Cependant, on ne peut pas généraliser pour des régions à partir d’échantillons de 12 et 25 fermes.
Au total, 14 espèces de vers de terre parmi les 21 espèces exotiques de lombricidés connues dans le sud du Québec (Reynolds, 2022) ont été trouvées, dont 11 dans les champs. Trois espèces (Octolasion cyaneum, Lumbricus festivus, et Eisenia fetida) n’ont été observées qu’en bordure des champs. L'espèce la plus commune était Aporrectodea turgida observée dans 83 % des champs, suivie par Allolobophora chlorotica (40 %), Ap. tuberculata (33 %), Ap. rosea (30 %) et Ap. trapezoides (22 %), tous des endogés. Aporrectodea longa, Lumbricus terrestris, deux écotypes anéciques, et Eiseniella tetraedra, un épigé, ont été observés dans <21 % des sites. D’autres espèces de vers de terre épigés et anéciques ont été collectées représentant < 2 % du total : O tyrtaeum L. castaneum, L. rubellus.
70 % des vers trouvés étaient des juvéniles. Les adultes endogés, anéciques et épigés constituaient. 44 %, 7 % et <1 % de la biomasse totale, respectivement.
En Estrie le ratio adultes/juvéniles est plus élevé. Comme la mortalité hivernale peut être élevée avec notre hiver, une explication possible est qu’il est normal de voir plus de juvéniles en début de saison, issus de cocons qui passent plus facilement l’hiver que les vers vivants. Les printemps 2019 et 2021 ont été relativement secs, ce qui influence toujours à la baisse les populations de vers de terre dont le premier besoin est l’humidité du sol. De plus, en conditions sèches, les vers sont plus difficiles à trouver, notamment les anéciques qui se réfugient en profondeur.
En Estrie :
Ap. tuberculata était plus fréquent que Ap. turgida.
Eiseniella tetraedra O. cyaneum ou L. festivus n’ont pas été trouvés .
Ap. Chlorotica était beaucoup moins commun en Estrie alors que L. rubellus, rare en Montérégieétait omniprésent en Estrie.
Rares en Estrie, Dendrodrilus rubidus et Dendrobaena octaedra n’ont pas été vus en Montérégie.
Chez les anéciques L. terrestris était beaucoup plus fréquent en Estrie alors qu’Aporrectodea longa n’a été trouvé qu’en Montérégie où il était passablement plus présent que le premier.
Eisenia andrei et E. hortensis n’ont été vus que dans mon compost.
À ne jamais oublier. Ces animaux ne peuvent se déplacer que de quelques mètres par année.
Denis la France
Enseignant et expert en agriculture biologique
Stéphanie Lavergne, Caroline Halde, Derek H. Lynch, Earthworm abundance and diversity in response to intensive crop management in organic field crop farms of southern Quebec, Canada, Applied Soil Ecology 206 (2025) 105850
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