Wendel et ses collègues, cités récemment ont résumé plusieurs avantages et aussi quelques risques liés aux biopores développés dans les sols par l’action combinée des racines et des vers de terre. La photo de Céline Pélosi nous montre une galerie avec des déjections et son graphique résume le fonctionnement de la drilosphère.
Les risques des biopores sont, entre autres, que les racines s’y concentrent et ne cherchent pas à en sortir (mais les essais d’Athmann et collègues présentés l’an dernier ont démontré le contraire); qu’ils accélèrent le lessivage en accélérant le drainage; que le drainage accéléré diminue la rétention d’eau dans le sol; que l’accumulation de carbone en profondeur diminue les rendements. Comme plusieurs, je me pose depuis longtemps cette question : La matière organique doit se minéraliser pour nourrir la vie du sol et des plantes ; si on la séquestre pour sortir du carbone de l’atmosphère, va-t-on diminuer la production des végétaux?
Wendel et al ne le mentionnent pas parce que leurs recherches se font en culture biologique, mais on connait un autre problème bien identifié aux USA : en plus des nutriments, les pesticides appliqués en surface peuvent se retrouver rapidement dans la nappe phréatique et dans l’eau potable lorsqu’il y a beaucoup de grands lombrics comme dans les systèmes conventionnels sans travail de sol, avec herbicides. Les fentes de retrait exacerbent ce phénomène. Gros problème de santé publique dans le Midwest.
Mais les avantages priment :
Accès à l’eau en profondeur pour les racines;
Percolation et drainage amélioré;
Accès aux nutriments concentrés dans les biopores;
Augmentation de l’activité microbienne et faunique du sol;
Développement de porosité et structuration des sols compacts;
Enracinement plus profond;
Oxygénation des sols en profondeur et approfondissement des sols (une clé pour améliorer leur fertilité);
Augmentation des rendements;
Résilience en cas de stress et de sécheresse ou de pluie excessive;
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