Depuis quelques années, les engrais verts sont devenus des cultures de couverture. Techniquement, quand ça pousse on utilise ce terme adapté des « cover crops » américains, et quand ça nourrit les êtres vivants du sol, ça redevient des engrais verts (SSSA 2004). Je suis attaché à ce vocabulaire que j’utilise depuis 70 ans. Mes premiers souvenirs d’engrais verts remontent à 1954-55 dans le jardin semi-commercial (0,1 ha) de mon père qui en semait tous les ans. Il m’amenait à la ferme expérimentale à Ottawa visiter les parcelles d’essais d’engrais verts. J’ai même vu un engrais vert de luzerne chez nous dans les années 60. Et j’en ai cultivé 67 espèces durant ma carrière.
Samedi 16 mars 2024, jour de pluie avant le retour du froid, j’ai photographié des vers de terre actifs dans la zone racinaire d’engrais verts. On y retrouve des rhizodépots, substances nutritives déposées par les racines en croissance, et des tissus racinaires morts qui nourrissent les êtres vivants du sol. Et d’autres matières organiques du sol.
Les vers de terre affectionnent ces milieux bien vivants. Bien que le feuillage nous rende des services importants, les scientifiques constatent que les racines d’engrais verts ont plus d’impact sur le sol que leurs feuilles, notamment par leur contribution nutritive à l’activité biologique, une production supérieure de matière organique stable et leur capacité directe à structurer le sol.
Engrais verts et vers de terre, la combinaison gagnante. Message aux jardiniers : des bâches plastiques, c'est bien utile mais ça vient du pétrole et ça ne nourrit pas la vie du sol. Les plantes sont les premiers agents biologiques qui créent le sol.
Et les vers de terre les deuxièmes. Encore faut-il avoir une diversité d’espèces équilibrée sur notre ferme ou au jardin. Si on ne vérifie pas on ne le sait pas. Et des vers de terre, ça ne se propage que de quelques mètres par année.
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