Doit-on cesser de manger des pommes de terre? Parce que ça ne rencontre pas les exigences de l’agriculture de conservation ou régénérative de ne pas perturber les sols?
Il est bien connu que perturber les sols réduit les populations des espèces de vers de terre épigées et anéciques. Mais dans certains cas les endogés augmentent.
En agriculture biologique, on hésite moins à perturber le sol, mais dans les meilleures pratiques, on insère des séquences de foin en rotation avec les cultures sarclées. La présente étude de Nelson, Lynch et al, présente un suivi des populations et des biomasses de vers de terre comparées à celles de pâturages permanents. La rotation étudiée sur quatre fermes biologiques des Maritimes était pomme de terre, suivie de céréale grainée (en prairie), suivie de 3 ans de foin (fléole et trèfle rouge principalement.) La troisième année après les pommes de terre, la biomasse des vers était rétablie au même niveau que celle des pâturages permanents utilisés comme référence, et la quatrième année le nombre de vers au m2 était au même niveau.
Ce genre de rotation est considéré comme idéale en culture biologique depuis longtemps, mais la diminution de fermes mixtes combinant élevage et cultures fait qu’elle est moins fréquente. Les fermes légumières et fruitières peuvent adopter une séquence de foin en rotation, en choisissant des espèces à enracinement profond, et faucher le foin sur place en engrais vert. Les vers de terre sont très favorisés par la période de non-perturbation, par les apports des racines et par ce « fumier qui n’a pas passé par l’animal. »
K.L. Nelson, D.H. Lynch, G. Boiteau, 2009, Assessment of changes in soil health throughout organic potato rotation sequences, Agriculture, Ecosystems & Environment, 131, 220-228
Merci à Andy Hammermeister du Centre d’agriculture biologique du Canada, U. Dalhousie pour la diapo.
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